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Module 03 · Routines à l'âge scolaire

Le soutien scolaire et les activités périscolaires

By the dip team · Clinical consultant: Pauline Sam, MD ·

4–78–129 min de lecture
Le soutien scolaire et les activités périscolaires

Le soutien scolaire et les activités périscolaires

Ton co-parent t’écrit un dimanche après-midi. « Tu as pensé à lui trouver un peu de soutien en maths ? Elle a l’air en retard. »

Toi, tu n’y pensais pas. Ou plutôt, si, brièvement, quand le dernier bilan de l’école est arrivé. Tu avais décidé pas pour l’instant. Ton co-parent, lui, a décidé, apparemment, plutôt oui.

C’est maintenant une petite décision que vous devez gérer ensemble.

Cet article parle du soutien scolaire et des activités périscolaires quand les deux parents sont impliqués. La décision de commencer. Le choix de la formule. Le paiement. L’organisation autour des deux foyers. Et la question plus difficile : quand un parent pense que le soutien est nécessaire et l’autre non.

C’est l’une des décisions d’âge scolaire les plus lourdes financièrement. Un cours particulier régulier, deux fois par semaine, peut coûter, sur une année, le prix de petites vacances. Une formule haut de gamme peut coûter davantage. Les deux parents portent le poids financier, et tous les deux devraient avoir voix au chapitre.

Pourquoi ça devient un sujet de friction

Le soutien scolaire occupe une catégorie un peu à part. Ça ressemble à une décision scolaire, mais l’école ne l’impose pas. Ça ressemble à un choix de parent, mais ça a des conséquences sur le quotidien de l’enfant. Ça ressemble à une décision privée entre un parent et l’enfant, mais le coût est partagé, et le temps est pris sur l’emploi du temps que les deux parents partagent.

Selon les parents, les avis sur le soutien scolaire sont très différents. Certains le voient comme indispensable, au même titre qu’un appareil dentaire, un petit investissement de plus qui paie sur le long terme. D’autres le voient comme une pression inutile, du temps pris sur le jeu, le sommeil et l’enfance non structurée. Certains le réservent aux moments où l’enfant est vraiment en difficulté. D’autres y recourent même quand l’enfant va bien et pourrait faire mieux.

Ces avis sont en grande partie culturels. Ils sont profondément ancrés. Ils ne changent pas au fil d’une conversation appuyée sur des données. Les deux parents arrivent en général dans la co-parentalité avec leurs convictions préexistantes, et ces convictions peuvent diverger.

La conversation pour décider est donc en partie logistique (de quoi l’enfant a-t-il besoin ?) et en partie philosophique (qu’est-ce qu’on pense être bon pour lui ?). On parle des deux.

Quand le soutien scolaire est vraiment utile

Un compte rendu court et simple.

Le soutien aide quand il y a un manque précis. L’enfant a raté une notion clé. Il a besoin qu’on lui réexplique un concept particulier. Il a besoin d’aide sur les méthodes de travail. Quelques semaines ou quelques mois de soutien ciblé comblent le manque.

Le soutien aide quand l’enfant a un trouble des apprentissages. Dyslexie, dyscalculie, troubles de l’attention. Un accompagnement spécialisé, souvent en dehors de l’école, fait une vraie différence.

Le soutien aide quand l’enfant prépare une transition précise. L’entrée dans un établissement sélectif. Un examen particulier. Le brevet ou le bac, plus tard. Quelque chose de borné dans le temps et orienté vers un objectif.

Le soutien est plus discutablement utile quand :

L’enfant va bien et qu’on lui donne du soutien juste pour prendre de l’avance. Le bénéfice n’est pas clair. Le coût (temps, argent, stress de l’enfant) est réel, lui.

L’enfant est poussé vers le soutien par la pression familiale. L’enfant résiste. Le soutien devient un terrain de bataille.

Le soutien remplace une question de fond qui demande une autre attention. L’anxiété. Le sommeil. La situation à la maison. Le soutien peut masquer ça un temps ; ça réapparaît ailleurs.

Les questions pour la conversation : à quoi servirait précisément ce soutien ? Quel est l’objectif ? Sur quelle durée ? Qu’en dit l’enfant ?

Quand ton co-parent et toi n’êtes pas d’accord

Le schéma le plus courant. Un parent pense que l’enfant a besoin de soutien. L’autre pense que l’enfant va bien.

Parfois, le désaccord est informationnel. Un parent a un retour plus récent de l’école. L’autre a fait les devoirs avec l’enfant plus souvent. Le désaccord se règle en partageant l’information.

Parfois, le désaccord est philosophique. Les deux parents ont des visions différentes de la pression scolaire. Ça ne se règle pas vite.

Trois leviers aident quand le désaccord est réel.

Aller chercher un troisième regard. L’avis de l’enseignant. Précisément : qu’est-ce que l’enseignant pense qu’il faut à l’enfant ? Si l’enseignant dit elle va bien, pas besoin d’aide en plus, c’est une information. S’il dit un peu de soutien en maths lui ferait du bien, c’est aussi une information.

Tester une version courte et limitée dans le temps. Six semaines de soutien, puis bilan. Les deux parents s’accordent pour réexaminer à l’échéance des six semaines. L’essai empêche le désaccord de se figer. Soit ça marche (on prolonge), soit non (on arrête).

Reconnaître le coût caché du désaccord. Une décision de soutien tenue en désaccord pendant des mois abîme la confiance entre les parents. L’enfant le remarque aussi. Trancher, même sur un compromis pas idéal, vaut souvent mieux que de camper sur ses positions.

Si vous n’arrivez vraiment pas à vous accorder, le parent qui tient au soutien peut décider de le financer sur son propre temps et son propre argent, sur ses jours à lui. C’est une solution de repli, pas une option par défaut. Ça évite la question du coût, mais ça crée une asymétrie que l’enfant remarque.

La question du coût

Les coûts du soutien varient énormément. D’un ami qui donne un coup de main gratuitement autour d’un café à un spécialiste haut de gamme dont le tarif hebdomadaire pèse vraiment dans un budget.

Le coût se partage de la même façon que les autres dépenses liées à l’école. (Voir le module 07, L’argent et les dépenses partagées, pour le traitement plus complet.)

Quelques points propres au soutien scolaire.

Convenir du niveau de coût avant de commencer. Un cours particulier de deux heures par semaine à un tarif modéré, c’est un coût. Un spécialiste au tarif haut de gamme, c’en est un autre. Les deux parents s’accordent sur le niveau.

Convenir de la durée. Six semaines. Un trimestre. L’année scolaire. Le sans-fin est plus difficile à gérer financièrement.

Convenir du point de bilan. Quand le coût est-il réexaminé ? À la fin du trimestre ? Quand l’enfant atteint un objectif précis ? Un soutien sans fin et sans point de bilan devient une dépense permanente.

Convenir de la sortie. Quels signes voudraient dire que le soutien n’est plus nécessaire ? Quand l’enfant a des résultats régulièrement au-dessus de [tel niveau]. Quand l’enseignant dit que le retard est comblé. Quand l’enfant dit qu’il n’en veut plus (avec l’aval du parent).

La conversation autour du coût est plus calme quand ces points sont décidés au départ que quand ils surgissent en cours de route.

L’organisation entre les deux foyers

La couche pratique. Le cours a lieu le mardi et le jeudi à 16 h 30. L’enfant est dans un foyer certains mardis et dans l’autre les autres mardis.

Trois schémas.

Le cours a lieu dans un seul foyer. Celui qui est le plus proche ou qui a l’espace adapté. L’enfant va dans ce foyer pour le cours les jours de soutien, quel que soit le foyer où il dort ce soir-là. Après le cours, l’enfant rejoint le foyer qui était réellement le sien ce soir-là.

Le cours a lieu dans les deux foyers. Moins courant, parce que c’est plus cher. L’enfant a son cours dans le foyer où il se trouve. Les deux foyers ont un espace de travail pour la personne qui donne le cours.

Le cours est en ligne. L’enfant suit la séance depuis le foyer où il est, à l’heure habituelle. L’appareil voyage avec lui.

L’option en ligne s’est répandue. Elle supprime la question géographique. Elle implique aussi que l’enfant suive la séance depuis un écran, ce qui peut paraître moins chaleureux. Que ce soit un bon choix dépend de l’enfant.

Pour un enfant très jeune ou très remuant, le soutien en ligne est plus difficile. Pour un enfant plus grand ou plus concentré, ça va.

Quand l’enfant en veut du soutien

Mérite qu’on s’y arrête.

Un enfant qui en veut discrètement au soutien te le fera sentir de façon subtile. Il sera fatigué et renfermé avant la séance. Il demandera s’il peut la sauter. Il fera le travail pendant la séance mais ne le retiendra pas. Il montrera les signes d’un soutien vécu comme une corvée, pas comme une aide.

Si tu vois ça, n’arrête pas tout de suite. Une part de résistance est normale. L’enfant veut jouer, pas faire du travail scolaire en plus. C’est normal.

Mais si la résistance est persistante, plus profonde que la normale, regarde-y de plus près. Parfois, le soutien suit une vraie difficulté (l’enfant a besoin d’un autre type d’aide). Parfois, il suit un état émotionnel (le soutien tombe à un moment difficile de la vie de l’enfant). Parfois, la personne qui donne le cours n’est pas la bonne (autre intervenant, même soutien).

La conversation avec l’enfant est douce. Ça se passe comment, le soutien ? Qu’est-ce que tu n’aimes pas ? Écoute. Ajuste selon ce que tu entends.

Si la question de fond, c’est l’état émotionnel de l’enfant (la séparation, l’anxiété scolaire, le sommeil), le soutien a peut-être besoin d’une pause. L’enfant a besoin de l’accompagnement de fond, pas de plus d’apport scolaire.

Les activités périscolaires qui ne sont pas du soutien

Un mot pour la catégorie plus large. Les activités périscolaires incluent le sport, la musique, le dessin, les langues, l’éveil aux valeurs, le scoutisme, la danse, le théâtre, les clubs de code.

Les mêmes questions s’appliquent. Quel est l’objectif ? Quel est le coût ? Quelle est la durée ? L’enfant y prend-il plaisir ? Est-ce organisé d’une façon qui marche pour les deux foyers ?

Moins il y a d’activités, mieux c’est, en général. Un enfant qui a trois activités périscolaires dans la semaine est bien occupé. Un enfant qui en a cinq est en surcharge. Un enfant qui en a sept se fait promener d’un endroit à l’autre.

Les deux parents s’accordent sur le niveau d’activité. Les deux parents remarquent quand l’enfant est trop fatigué. Les deux parents sont prêts à laisser tomber une activité si l’enfant a besoin d’une saison plus calme.

Les activités périscolaires, c’est le terrain où la parentalité de compétition peut s’installer. Les autres enfants en font plus. Il faut suivre le rythme. C’est une question du côté des parents, pas du côté de l’enfant. L’enfant n’a pas besoin de suivre le rythme. Il a besoin de se développer d’une façon qui lui correspond.

Pour finir

Trois semaines après le message du dimanche après-midi, ton co-parent et toi vous accordez sur un essai de six semaines de soutien en maths, deux fois par semaine, en ligne. Vous partagez le coût. Ta fille suit les séances depuis le foyer où elle est. Les trois premières séances, elle est réticente. À la quatrième, elle est curieuse. À la sixième, elle résout en classe des choses qu’elle ne résolvait pas avant.

Vous décidez de prolonger de six semaines de plus. Après ça, le retard est comblé. Le soutien s’arrête.

Ton co-parent avait raison : elle avait besoin de soutien. Toi, tu avais raison : ce soutien n’avait pas besoin d’être permanent. Vous avez chacun tenu votre avis. Vous avez chacun ajusté. La décision était bonne.

Voilà la texture de la co-parentalité d’un enfant qu’on accompagne sur le plan scolaire. Les désaccords se disent. Les décisions se prennent à deux. Les essais se tentent. Les bilans se font. L’enfant obtient ce qu’il lui faut ; les parents restent en conversation ; rien ne devient permanent en pilote automatique.

Ceci est une aide d'entraide, pas un avis médical, psychologique ou juridique, et en aucun cas un substitut à un professionnel qualifié. Si toi ou ton enfant êtes peut-être en danger, contacte les services d'urgence de ta région.