Le sport, la musique, le cours de dessin
By the dip team · Clinical consultant: Pauline Sam, MD ·

Le sport, la musique, le cours de dessin
Mercredi, 16 h 30. Entraînement de foot. Samedi, 10 h. Cours de piano. Mardi, 17 h. Cours de dessin.
Trois activités régulières. Trois coûts réguliers. Trois récupérations régulières. Trois sacs à préparer régulièrement.
Les activités ne se mettent pas en pause pour suivre le rythme entre les deux foyers. L’entraîneur de foot ne décale pas l’entraînement parce que, cette semaine, le mercredi tombe dans l’autre foyer. Le professeur de piano attend la même heure, le même jour. Le cours de dessin a son propre tempo.
Cet article parle des activités extrascolaires régulières de l’enfance d’âge scolaire. Le sport. La musique. Le dessin. La danse. Le théâtre. Le club de code. Quelle que soit l’activité, le problème de fond est le même : un engagement régulier qui traverse le rythme entre les deux foyers, avec du matériel, avec des coûts, avec des présences attendues, et (souvent) avec un enfant qui y tient vraiment.
C’est le cousin plus léger de l’article sur les écoles culturelles du week-end. La plupart des principes se recoupent. Ici, on se concentre sur le pratique et le joyeux. Ce sont les activités que l’enfant a choisies, ou qu’il a fini par aimer, ou qu’il fait simplement parce que c’est amusant.
La décision de commencer
La plupart des enfants commencent une activité un peu par hasard. Un copain s’est inscrit au club de foot. L’école a proposé un parcours musical. Il y a un cours de dessin près de l’un des foyers. L’activité arrive comme ça.
La décision de commencer ne pèse pas lourd, d’habitude. Tu veux essayer ? L’enfant dit oui. Il y va. Il aime ou il n’aime pas.
Là où la décision prend du poids, c’est quand l’activité représente un vrai coût, un vrai temps, un vrai engagement. Un parcours musical exigeant qui demande de jouer tous les jours. Un sport de compétition avec des tournois le week-end. Une école de théâtre précise qui passe par une audition.
Pour celles-là, les deux parents participent à la décision. L’article sur le socle des décisions partagées s’applique. (Voir le module 03, article 15, pour le traitement plus complet.)
Pour les petites activités, un seul parent peut généralement lancer la conversation. Il veut essayer le foot. Il y a un club près de chez moi. Le mercredi soir. Ça coûte X. Le co-parent dit d’accord. C’est réglé.
Le rythme
L’activité doit avoir lieu à l’heure prévue, peu importe le foyer où l’enfant se trouve ce jour-là.
Trois schémas fonctionnent.
L’activité part d’un seul foyer. L’entraînement de foot, c’est le mercredi. Certains mercredis, l’enfant est dans un foyer, d’autres mercredis dans l’autre. Dans les deux cas, c’est ce foyer-là (ou ce parent-là) qui conduit l’enfant au foot. Après le foot, l’enfant rejoint le foyer où il dort ce soir-là.
L’activité est plus accessible depuis un foyer. Le professeur de piano est dans le quartier de l’un des parents. L’enfant a piano le jour qui marche ; en général, c’est le parent géographiquement proche qui s’en charge.
L’activité voyage. Certaines activités sont souples. Des cours de musique en ligne. Du matériel de dessin qu’on peut sortir dans les deux foyers. De l’entraînement en autonomie. L’activité s’adapte au rythme.
Le choix dépend de l’activité. Un sport collectif avec un horaire d’entraînement fixe doit avoir lieu à cette heure-là. Un cours de piano peut parfois se déplacer. Le cours de dessin est généralement fixe.
Quand le rythme se télescope
Parfois, l’activité tombe un jour qui ne s’emboîte pas proprement dans la rotation entre les foyers.
L’entraînement de foot, c’est le mercredi à 16 h 30. C’est le co-parent qui a les mercredis. Il ne conduit pas. L’activité a lieu dans le club préféré de l’autre parent, à l’opposé de la ville par rapport au foyer du co-parent.
Ça se résout.
Le premier parent peut faire l’aller-retour du mercredi, même si c’est le jour du co-parent. L’enfant fait son foot, puis rejoint le foyer du co-parent pour la nuit. Le premier parent assure une logistique en plus pour l’activité de l’enfant ; le co-parent fait preuve de souplesse sur l’organisation des foyers.
Un grand-parent ou un ami de la famille peut faire la récupération et déposer l’enfant chez le co-parent.
L’activité peut être déplacée à un autre jour ou un autre club, s’il existe une option comparable.
L’activité peut être mise en pause si elle n’est vraiment pas tenable.
Le choix dépend de ce qui compte. Si l’enfant adore l’activité, trouver une solution en vaut la peine. Si l’activité est devenue un poids pour le rythme sans grand bénéfice pour l’enfant, l’arrêter, c’est très bien.
Le matériel et l’entraînement
Chaque activité a ses exigences propres de matériel et d’entraînement.
Les affaires de sport. Tenue de foot, affaires de natation, justaucorps de gym, chaussons de danse. Mêmes principes que pour l’article sur la tenue de sport. Le matériel voyage avec l’enfant. Ou deux jeux, un dans chaque foyer, selon le rythme.
Les instruments. Pour les musiciens sérieux, on joue tous les jours. L’instrument voyage avec l’enfant entre les foyers. Ou deux instruments, un dans chaque foyer, pour les instruments transportables. Pour les plus encombrants (piano, batterie, violoncelle), l’instrument reste dans un foyer et l’enfant ne joue que les jours où il y est. Les deux parents soutiennent l’entraînement.
Le matériel de dessin. Souvent moins crucial. L’enfant peut avoir des fournitures de base dans les deux foyers. Le matériel précis d’un cours précis peut voyager.
Le principe : les besoins concrets de l’activité sont couverts dans les deux foyers, selon le schéma qui marche. Le principe du sac qui voyage avec l’enfant, vu dans les articles précédents, s’applique.
Le coût
Les coûts d’activité se placent à côté des autres dépenses partagées liées à l’école.
Quelques points précis.
Les cotisations annuelles. Clubs de sport, écoles de musique, écoles de danse facturent souvent à l’année. Le coût se partage en début d’année, pas mois après mois.
Le matériel. Un premier investissement dans du matériel (un nouvel instrument, un vélo spécifique à un sport, un vrai jeu de matériel de dessin) est une dépense ponctuelle qui compte. Les deux parents se mettent d’accord avant l’achat.
Les tournois et les événements. Certaines activités entraînent des frais en plus (droits d’inscription à un tournoi, costumes de spectacle, frais d’examen). Ça revient de temps en temps. Les deux parents sont au courant à l’avance.
Les déplacements. Certaines activités impliquent des trajets (un tournoi de sport hors de la ville, un stage de musique, un concours). Les deux parents s’accordent sur le coût du déplacement et décident qui accompagne.
Le remplacement. Le matériel casse. On grandit, les tenues ne vont plus. Les instruments demandent de l’entretien. Le budget de remplacement se partage de la même façon que le reste des coûts de l’activité.
La conversation d’argent est calme et prévisible quand elle a été cadrée au début de l’activité.
Les spectacles et les matchs
Le grand moment d’une année d’activité, c’est le spectacle, le match, l’audition, la représentation.
Les deux parents y assistent si c’est possible. Même principe que pour les événements scolaires. La soirée appartient à l’enfant.
Si un seul parent peut venir, l’enfant le sait à l’avance. Papa ne peut pas être là pour le match de samedi, à cause du travail. Il regardera la vidéo. Moi, j’y serai. L’enfant vit mieux l’absence quand elle est nommée à l’avance.
Si ton co-parent, de façon régulière, ne vient pas, prends-le avec calme. L’enfant remarque le schéma. La conversation entre toi et l’enfant est honnête, mais sans hostilité. Papa ne peut pas toujours venir aux matchs. Il tient à toi, et il t’aime. Il le montre à sa façon. L’enfant peut tenir ça.
Pour les plus grands moments (la représentation de fin d’année, le match décisif, l’exposition), tout mettre en œuvre pour que les deux parents soient là, ça paie. Ces instants restent dans la mémoire de l’enfant.
Quand l’enfant est prêt à arrêter
L’enfant qui fait du foot depuis trois ans dit qu’il n’a plus envie d’y aller.
Ça arrive. Parfois, l’activité a fait son temps. Parfois, l’enfant a dépassé ce niveau. Parfois, il y a une histoire d’amitié. Parfois, l’enfant est tout simplement fatigué.
La conversation est douce. Qu’est-ce que tu n’aimes pas, dans tout ça ? Écoute. Ne cherche pas tout de suite à le convaincre de continuer.
Si la raison tient à une histoire d’amitié ou à un souci avec l’entraîneur, un petit changement suffit parfois à régler les choses (une autre équipe, un autre créneau). Si la raison est plus profonde (l’enfant n’aime tout simplement plus l’activité), arrêter, c’est très bien.
Le co-parent participe à la décision d’arrêter. Si l’activité représentait un engagement de longue durée, les deux parents se mettent d’accord avant que l’enfant n’arrête.
Un mot sur l’investissement des parents. Parfois, le parent tient à l’activité plus que l’enfant. Le piano qui a commencé parce que le parent le voulait. Le foot que le parent adorait, enfant. Si l’enfant montre qu’il en a fini, le lâcher-prise du parent compte. L’activité avait de la valeur ; savoir s’arrêter à temps en a aussi.
Quand l’activité devient le problème
Schéma plus rare. L’activité devient ce qui pèse sur le bien-être de l’enfant.
Trop de volume. Cinq activités par semaine. L’enfant est épuisé.
Trop de pression. Un entraîneur trop intense. Un professeur trop dur.
Une histoire d’amitié, sur le lieu de l’activité, qui ne se règle pas.
Un enfant poussé au-delà de son niveau (une équipe de compétition pour laquelle il n’est pas prêt ; un examen de musique qu’il n’a pas préparé).
Dans tous ces cas, la réponse, c’est de prendre du recul. Réduire. Mettre en pause. Parler à l’entraîneur ou au professeur. Faire une pause. L’activité doit servir l’enfant, pas l’inverse.
Les deux parents tranchent ensemble. Si ton co-parent et toi n’êtes pas d’accord (l’un veut que l’enfant s’accroche, l’autre veut lever le pied), le bien-être de l’enfant est le critère. Le parent qui écoute ce que l’enfant vit vraiment a, le plus souvent, la bonne lecture.
Pour finir
Mercredi, 16 h 30. Entraînement de foot. La récupération se fait à l’école. Le trajet jusqu’au club prend un quart d’heure. L’entraînement dure une heure et demie. Après, le dîner dans le foyer où c’est le cas ce soir-là.
Ce rythme continue, semaine après semaine. Le co-parent récupère certains mercredis ; toi, les autres. L’enfant joue au foot. L’enfant fait du piano. L’enfant va au dessin. Il est en train, dans les petites choses de l’enfance, de bâtir des choses qu’il gardera toute sa vie.
Quand le rythme tient, l’activité devient invisible, comme le sont les choses qui vont bien. Les affaires sont lavées. L’entraînement a lieu. Les matchs et les auditions vont et viennent. Les deux parents sont présents aux plus grands moments. L’enfant grandit.
C’est ça, le but. Pas un effort héroïque. Un rythme régulier de petites activités, choisies et tenues, auxquelles l’enfant tient, soutenu par deux parents qui, chacun à sa façon, sont là.
Ceci est une aide d'entraide, pas un avis médical, psychologique ou juridique, et en aucun cas un substitut à un professionnel qualifié. Si toi ou ton enfant êtes peut-être en danger, contacte les services d'urgence de ta région.