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Module 03 · Routines à l'âge scolaire

Le coup de fil de l’école. Qui va chercher l’enfant

By the dip team · Clinical consultant: Pauline Sam, MD ·

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Le coup de fil de l’école. Qui va chercher l’enfant

Le coup de fil de l’école. Qui va chercher l’enfant

Mardi, 11 h 18. Ton téléphone sonne. Bonjour, c’est le secrétariat de l’école. Votre fille a été malade en classe. Elle est à l’infirmerie. Est-ce que quelqu’un peut venir la chercher ?

Tu es au travail. Tu es à quarante minutes. Tu es en réunion, en plein milieu, et tout le reste de l’après-midi s’enchaîne sans répit.

L’école demande qui peut venir. Tu réfléchis un instant. On est mardi. Le mardi, c’est ton jour. Ton co-parent travaille plus près de l’école. Tu sais qu’il est peut-être entre deux choses ce matin.

Tu l’appelles. Il répond. Il peut y être dans un quart d’heure.

L’enfant est récupérée. Posée. À 16 h, elle est sur ton canapé avec une bassine et un film. L’après-midi a été redirigé, mais la journée a tenu.

Cet article parle du coup de fil de l’école quand l’enfant est malade. La partie « aller chercher ». La partie « décider chez qui elle se remet ». La partie « communiquer avec le co-parent ». La partie « comment ça se met à former un schéma, et quand s’en inquiéter ».

Il ne parle pas des soins médicaux. Les décisions cliniques au sujet d’un enfant malade sont traitées dans le module santé. Cet article parle de la logistique qui les entoure quand il y a deux foyers.

Aller chercher l’enfant

Le travail de l’école, c’est d’appeler quelqu’un. La plupart des écoles appellent dans un ordre de liste. Parent un. Parent deux. Personne à contacter en cas d’urgence. L’ordre dépend de ce que l’école a dans son dossier.

Le premier geste concret, juste après une séparation, c’est de s’assurer que la liste de contacts de l’école est à jour avec les deux parents et toute personne à contacter en cas d’urgence (un grand-parent, un ami de confiance). Les deux parents devraient figurer sur la liste. Si l’école n’a que l’adresse d’un parent, les deux numéros de téléphone devraient quand même y être.

Quand l’appel arrive, le parent qui répond gère la récup, ou l’organise. Le parent le plus proche, le plus rapide, le plus disponible va chercher l’enfant. C’est rarement le parent dont c’est le jour. La question du « jour de qui » compte pour savoir où l’enfant se remet, pas pour savoir qui va la chercher.

Si tu ne peux pas y aller et que ton co-parent peut, appelle-le. Si aucun de vous ne peut, la personne à contacter en cas d’urgence prend le relais. Si même ça ne marche pas, l’enfant reste à l’école jusqu’à ce que quelqu’un puisse venir. L’infirmerie de l’école est une solution d’attente ; ce n’est pas une solution de long terme.

Ne te dispute pas sur qui devrait aller chercher l’enfant pendant qu’elle est à l’infirmerie. L’école l’entend dans ta voix. L’enfant, un jour, peut entendre l’histoire de la bouche du secrétariat. Ils n’arrivaient pas à décider qui viendrait. La récup est une logistique. La réponse la plus propre est la plus rapide.

Où elle se remet

La question un peu plus délicate. L’enfant a été récupérée. Elle est maintenant dans ta voiture, ou dans celle de ton co-parent. Où va-t-elle ?

Trois schémas reviennent souvent.

Là où elle a été récupérée. Ton co-parent va la chercher. L’enfant va dans le foyer de ton co-parent. Elle se remet là. Elle y reste le temps que la convalescence demande (un jour, deux jours, parfois plus).

Dans le foyer où ça devait être. Ton co-parent va la chercher, mais c’était ton jour. Ton co-parent amène l’enfant chez toi. Tu prends le relais.

Dans le foyer qui est équipé pour ça aujourd’hui. Ton co-parent va la chercher. Ton co-parent télétravaille aujourd’hui ; toi non. L’enfant va chez ton co-parent, peu importe à qui c’est le jour.

Le moins de friction vient du fait d’être explicite sur le schéma que vous utilisez, à l’avance, avant le premier appel pour maladie. Le plus de friction vient de l’improvisation sur le moment. Je pensais qu’elle viendrait chez moi. Ben, c’est chez moi que c’est calme aujourd’hui. Là, elle dort sur mon canapé, tu veux faire comment ?

Si tu n’as pas encore eu cette conversation, aie-la un après-midi tranquille. Si l’un de nous va chercher l’enfant malade à l’école, chez qui elle se remet ? La réponse peut être chez celui qui est allé la chercher. La réponse peut être dans le foyer où ç’aurait été ce jour-là. L’une ou l’autre convient. Le but, c’est de savoir.

Le jour à rattraper

Quand un enfant est malade et reste chez un parent un jour qui aurait dû être celui de l’autre, la question se pose de savoir si le jour manqué se rattrape.

Certaines familles rattrapent strictement. Ton co-parent perd le mardi parce que l’enfant était malade dans le premier foyer. Le premier foyer rend un jour la semaine suivante.

Certaines familles ne rattrapent pas. Les jours de maladie, ça arrive. Ils tombent où ils tombent. Le rythme reprend quand l’enfant va mieux.

Certaines familles rattrapent de façon informelle. Avec le temps, les jours s’équilibrent à peu près. Pas de comptabilité formelle.

Chacun des trois marche si les deux parents sont d’accord dessus. Le schéma qui ne marche pas, c’est un parent qui suppose le rattrapage et l’autre qui suppose le non-rattrapage. Celui qui rattrape strictement se sent dû des jours ; celui qui ne rattrape pas a l’impression qu’on lui tient les comptes. Ça devient un conflit à part, par-dessus le jour de maladie d’origine.

Si vous n’avez pas décidé du schéma, décidez. Une courte conversation. Quand les enfants sont malades et qu’ils ratent ton jour, on rattrape ? Non. Les jours de maladie, ça arrive. D’accord.

La communication pendant la convalescence

Quand l’enfant est dans un foyer en train de se remettre, l’autre parent veut des nouvelles. C’est normal et légitime.

Le schéma qui aide. Une fois par jour, un court point. A dormi jusqu’à 9 h. Mange des biscottes. 37,8 ce matin. Ça suffit. Pas un commentaire minute par minute. Pas un tableau clinique. Un court résumé, une fois par jour.

L’appel vidéo. Si les deux parents et l’enfant le veulent, un bref appel vidéo une fois par jour pendant une maladie plus longue peut aider le parent absent à se sentir moins anxieux et l’enfant à se sentir moins coupé de son autre foyer. Garde-le bref. L’enfant est patraque ; les longs appels l’épuisent.

Ce qu’il ne faut pas faire. Envoyer des nouvelles toutes les heures. Envoyer une photo à chaque fois que l’enfant mange. Diffuser la convalescence en direct. Ça parle plus de ton anxiété à toi que de partage d’informations. Ton co-parent n’en a pas besoin. Il s’inquiétera davantage.

Ce qu’il ne faut pas faire non plus. N’envoyer aucune nouvelle. Elle va bien, elle se remet, je te tiens au courant si ça empire. Ton co-parent n’a aucun moyen de se représenter comment va l’enfant. Il remplira le silence en imaginant le pire.

Le bon niveau, c’est ennuyeux. Pas tellement d’informations que ton co-parent ne puisse pas les traiter. Pas si peu qu’il en soit réduit à imaginer.

Quand la maladie est plus grave

Un appel de l’école au sujet d’un enfant malade, ça veut dire en général une gastro, de la fièvre, une éruption. L’enfant a besoin qu’on vienne le chercher. Il se remettra à la maison en un jour ou deux.

Une petite part des appels de l’école sont plus graves. Un coup à la tête. Une fracture. Une réaction allergique sérieuse. Un état qui nécessite des soins médicaux immédiats.

Pour ceux-là, les deux parents sont informés tout de suite. Pas par message. Par téléphone. Je viens d’avoir l’école. [Enfant] est tombé et il y a du sang. L’école appelle les secours. J’y vais. Je te tiens au courant.

Si tu reçois l’appel de l’école et que tu es le parent en route, appelle ton co-parent avant d’arriver à l’école si tu peux. Lui aussi a besoin de se mettre en mouvement.

Si l’enfant est emmené à l’hôpital, les deux parents vont à l’hôpital, dans l’idéal. Si un seul peut, ce parent s’assure que l’autre sait ce qui se passe, où, et de quoi on a besoin.

C’est un des domaines où, à de très rares exceptions près, la présence des deux parents rassure l’enfant. Les choses des deux foyers que tu gères d’habitude avec soin (à qui le jour, chez qui, qui va chercher) sont momentanément mises de côté. L’enfant est dans un box d’hôpital ; les deux parents sont dans la pièce. C’est ça, l’organisation.

Quand la maladie devient un schéma

Un enfant qui a été malade à l’école trois fois dans le mois n’est pas juste malchanceux. Une maladie scolaire qui revient peut vouloir dire :

  • Un vrai problème médical à explorer (anémie, infections à répétition, asthme).
  • Un problème lié à l’environnement de l’école (quelque chose qui circule, immunité pas encore reconstruite après une longue absence, hygiène en classe).
  • Un problème de régulation. Certains enfants, surtout dans les premiers mois après une séparation, somatisent leur mal-être. Maux de ventre. Maux de tête. Difficulté à rester à l’école. La maladie est réelle pour l’enfant ; la cause sous-jacente peut être émotionnelle.

Si le schéma se poursuit, la conversation s’élargit. Le médecin traitant pour le bilan médical. L’enseignant pour le regard sur l’environnement de l’école. Les deux parents pour la question de la régulation.

Un enfant qui est calme dans un foyer et qui tombe malade à l’école pendant les semaines où il passe vers l’autre foyer envoie un signal. Pas toujours un motif d’alarme. Souvent une phase. Mais ça mérite l’attention.

L’atterrissage

Mardi matin. À 11 h 35, ton co-parent est à l’école. À midi, l’enfant est dans la voiture. À 13 h, elle est installée dans l’autre foyer pour l’après-midi.

Tu écris à ton co-parent à 14 h. Comment elle va ? Il répond. Elle dort. A bu un peu d’eau. Plus de fièvre. Tu n’écris pas une deuxième fois. Tu fais confiance au système.

Le vendredi, elle est de retour à l’école. L’épisode est classé. Personne ne tient les comptes.

Pour finir

Pas pour la récup dramatique. Pour les petites couches de système compétent qui transforment un coup de fil de l’école pour maladie, d’une crise, en un simple détour d’un mardi après-midi.

Ceci est une aide d'entraide, pas un avis médical, psychologique ou juridique, et en aucun cas un substitut à un professionnel qualifié. Si toi ou ton enfant êtes peut-être en danger, contacte les services d'urgence de ta région.