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Module 03 · Routines à l'âge scolaire

Le programme des vacances scolaires

By the dip team · Clinical consultant: Pauline Sam, MD ·

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Le programme des vacances scolaires

Le programme des vacances scolaires

Les grandes vacances durent deux mois. Ou les vacances en durent deux semaines. Ou une. La forme change selon la période. Le problème de fond, lui, ne change pas.

La routine de semaine de l’enfant s’évapore. L’école est fermée. Les deux parents, eux, travaillent toujours. L’enfant a besoin d’un endroit où être, avec quelqu’un qui veille sur lui, chaque jour de semaine, pendant toute la durée des vacances. Les deux parents doivent trouver à quoi ça ressemble.

Cet article parle du programme des vacances scolaires. Les grandes vacances surtout, mais aussi les vacances de la Toussaint, de Noël, d’hiver, de printemps. Partout où l’école s’arrête et où les parents, eux, continuent.

Les vacances longues ne sont pas qu’une affaire de logistique. Il y a aussi ce que l’enfant vit de ces vacances. Des vacances qui ne seraient qu’un mode de garde, sans le goût des vacances, c’est épuisant pour l’enfant. Des vacances joliment rêvées mais impossibles à organiser, c’est intenable pour les parents. Le travail consiste à tenir l’équilibre entre les deux.

Ce que contiennent vraiment les vacances

Des vacances scolaires classiques, dans une famille en co-parentalité, contiennent en général un mélange de :

  • Du temps de congés des parents (l’un des deux, ou les deux, posent des jours).
  • Un séjour ou un stage de vacances (colo, stage de sport, stage d’arts plastiques, séjour linguistique).
  • Du temps avec la famille élargie (grands-parents, cousins, amis de la famille).
  • Un voyage quelque part (avec un parent, avec les deux, avec la famille élargie).
  • Des journées à la maison avec l’un, avec l’autre, ou avec une personne payée pour la garde.
  • Des journées au centre de loisirs (l’accueil de loisirs qui prend le relais pendant les vacances).
  • Des journées chez le nouveau conjoint, chez les grands-parents, chez les amis de la famille.

La plupart des vacances longues mélangent quatre ou cinq de ces possibilités. La décision à prendre, c’est lesquelles ont lieu, quand, et comment.

Le premier geste : partager les vacances entre les parents

Avant de décider la moindre activité, la question de base. Qui a l’enfant, et quels jours ?

Quelques schémas courants.

Le partage 50/50. Les vacances sont divisées à parts égales entre les deux parents. Chacun a un bloc de jours. Dans son bloc, il décide des activités, des voyages, du centre de loisirs. L’enfant sait à l’avance quel parent a quelles dates.

Le schéma une semaine sur deux. La rotation hebdomadaire habituelle se prolonge pendant les vacances. Chaque parent a l’enfant ses semaines habituelles. Activités et voyages s’organisent dans la fenêtre de chacun.

Le schéma mixte. L’enfant passe plus de temps avec un parent pendant des vacances données, et plus avec l’autre aux vacances suivantes. Souvent dicté par les congés des uns et des autres, ou par l’accès à certaines ressources (une maison de vacances, un emploi souple).

Le schéma du grand séjour. L’enfant part chez la famille d’un parent, dans une autre région (ou un autre pays), pour un séjour prolongé. L’autre parent a le reste des vacances.

Le bon schéma dépend de la famille. Le principe : se mettre d’accord sur le partage bien à l’avance. La conversation sur qui a l’enfant à quelles dates se tient au mieux deux mois avant les vacances, pas deux semaines avant.

Réserver le centre de loisirs

Une fois les dates partagées, viennent les inscriptions au centre de loisirs.

Les complications.

Les délais. Les séjours et stages les plus prisés se remplissent des mois à l’avance. Les places de l’été peuvent partir dès mars. Pour les autres vacances, ça se joue plus près de la date.

Le coût. Les modes de garde varient beaucoup. L’accueil de loisirs municipal est souvent aidé par le quotient familial. Une colo ou un stage privé peut coûter cher. Une semaine de stage haut de gamme peut valoir ce que vaudrait une formation pour adulte.

La dépose et la récupération. Le centre de loisirs a souvent des horaires proches d’une journée d’école. Les deux parents doivent se caler sur le rythme du centre.

La préférence de l’enfant. Certains enfants adorent le centre de loisirs. D’autres non. L’avis de l’enfant compte.

Le choix entre les structures. Chaque structure a sa spécialité (sport, arts plastiques, sciences, langues). Le choix peut compter pour les parents.

La conversation. Les deux parents regardent ensemble les options. Les deux parents se mettent d’accord sur les structures que l’enfant fréquente. Les deux parents se mettent d’accord sur qui paie quelles semaines.

Un principe utile. Le parent dont la semaine de vacances couvre l’inscription gère la logistique au quotidien pour cette semaine-là. Le coût, lui, se partage dans tous les cas.

Le grand voyage

Des vacances longues incluent souvent un voyage plus important. Vacances à la mer. Vacances à la montagne. Visite aux grands-parents dans un autre pays. Séjour en camping.

Le voyage peut être :

Avec un parent. Un parent emmène l’enfant pour une semaine ou plus. L’autre parent a une période plus calme, avec son travail ou ses autres engagements.

Avec les deux parents. Moins fréquent après une séparation, mais possible si la relation est assez sereine. Les deux parents et l’enfant voyagent ensemble.

Avec un parent et la famille élargie. L’enfant part avec un parent et les grands-parents, les cousins, et le reste. L’autre parent a du temps à la maison.

Avec la famille élargie sans les parents. L’enfant part avec les grands-parents ou les cousins. Les deux parents ont du temps sans l’enfant.

Le voyage fait partie des plus grands souvenirs des vacances. La décision de qui part en voyage et où mérite plus qu’une simple question logistique.

Quelques principes.

Le co-parent qui n’est pas du voyage doit être informé en détail des plans. Où est l’enfant. Ce qu’il fait. Comment le joindre.

Le parent qui part communique avec le co-parent pendant le voyage, selon un rythme convenu. Pas des nouvelles en continu. Un petit message par jour. Une photo. Un court appel de l’enfant à l’autre parent, le soir.

L’enfant a du temps avec le parent qui ne part pas, avant et après le voyage. Ce parent ne disparaît pas pendant deux semaines ; il reste disponible.

L’enfant raconte le voyage au parent resté, sans que ce parent se sente mis de côté ou blessé. Le plaisir que l’enfant a eu avec le parent du voyage n’est pas une trahison.

Quand les plans de vacances ne tiennent pas

Parfois, le plan de vacances ne survit pas au contact du réel.

Un centre de loisirs ferme à l’improviste. Un voyage est annulé. L’enfant tombe malade. Les plans d’un grand-parent changent. Le travail d’un nouveau conjoint force à tout déplacer.

La solution de repli est toujours la même. Les parents se parlent. Ajustent. Déplacent des jours. Bouchent les trous.

Ce repli suppose que les deux parents acceptent de s’adapter. Si l’un traite le planning comme intouchable et l’autre comme souple, c’est le parent souple qui finit par tout ajuster. Ce n’est pas tenable.

Le principe. Les plannings de vacances sont des engagements de bonne foi. Les deux parents s’adaptent quand quelque chose vient bousculer le plan. L’enfant est porté par ses deux parents à travers l’imprévu.

Quand l’enfant est chez le nouveau conjoint

Une configuration particulière. Un parent a un nouveau conjoint. Ce conjoint a ses propres enfants. Ses enfants sont avec lui pendant une partie des vacances. L’enfant se retrouve dans ce foyer, peut-être avec les enfants du conjoint, peut-être en les rencontrant pour la première fois, peut-être en partant en voyage avec cette nouvelle famille.

C’est délicat. (Voir le module 11 pour le traitement plus complet de l’arrivée d’un nouveau conjoint.)

Les principes, dans un contexte de vacances. L’enfant est mis au courant de la nouvelle configuration familiale avant les vacances. Pas le jour du départ. Assez tôt pour qu’il ait le temps de poser ses questions.

Les enfants du nouveau conjoint et le tien ne sont pas forcés de devenir les meilleurs amis du monde. Ils partagent des vacances. Ils s’entendront peut-être ; peut-être pas.

Le parent qui présente sa nouvelle relation se réserve des moments en tête-à-tête avec son enfant pendant les vacances. Tout le temps n’est pas du temps en famille recomposée.

Le co-parent resté à la maison sait ce qui se passe pendant les vacances. Il n’est pas obligé d’aimer ça ; il a besoin de le savoir.

Si la nouvelle relation est vraiment récente (quelques mois), un long voyage avec la nouvelle famille est sans doute prématuré. Attends.

Le dimanche avant la rentrée

La fin des vacances a sa propre texture. Le dimanche avant la rentrée.

L’enfant est entre deux foyers, deux routines, deux plannings. Les vacances se terminent. L’année scolaire se met en route. Il faut refaire le cartable avec les affaires d’école. Rétablir le coucher tôt. Remettre en marche la routine du matin.

C’est une transition pour laquelle l’enfant a besoin d’aide. Le foyer où il se trouve le dimanche avant la rentrée porte cette transition.

Un geste concret. Le cartable se prépare le dimanche après-midi, avant la dernière activité des vacances. Les vêtements du lundi matin sont sortis. Le coucher est ramené à l’horaire d’école le dimanche soir.

Si l’enfant change de foyer le lundi matin de la rentrée, le passage de relais est calme et tôt. Le sac est prêt. Le matin n’est pas dans la précipitation.

Si l’enfant a eu des vacances particulièrement reposantes, la transition peut être plus dure. Il est en mode vacances depuis des semaines. Le mode école demande un réajustement. Un dimanche calme et cadré aide.

Pour finir

Les grandes vacances durent deux mois. Les deux premières semaines, l’enfant est avec un parent et les grands-parents dans une autre ville. Semaine trois, centre de loisirs près de la maison. Semaines quatre et cinq, avec le co-parent, en voyage à la mer. Semaine six, une semaine tranquille de retour à la maison, à se préparer pour la rentrée.

Ton co-parent et toi avez convenu de la forme trois mois à l’avance. Le centre de loisirs a été réservé en mars. Les voyages ont été planifiés en avril. Tout a eu lieu.

Ce n’était pas parfait. Le voyage du co-parent a été bousculé par une réservation annulée. Les grands-parents ont eu un petit événement auquel le co-parent n’a pas pu venir. Il y a eu deux jours où les allers-retours ont déstabilisé l’enfant.

Mais au bout des deux mois, l’enfant a des vacances dont il se souvient. Du temps à la plage. Du temps avec les cousins. Du temps au centre de loisirs, où il a essayé quelque chose de nouveau. Du temps avec ses deux parents, de façons différentes.

L’année scolaire reprend. Les vacances deviennent un souvenir. Les deux parents commencent déjà à penser aux prochaines.

C’est ça, le rythme de la vie d’âge scolaire en co-parentalité. Des vacances après les vacances. Chacune planifiée à l’avance, exécutée à peu près, gardée en mémoire avec tendresse.

Ceci est une aide d'entraide, pas un avis médical, psychologique ou juridique, et en aucun cas un substitut à un professionnel qualifié. Si toi ou ton enfant êtes peut-être en danger, contacte les services d'urgence de ta région.