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Module 03 · Routines à l'âge scolaire

Le problème de la pochette du vendredi

By the dip team · Clinical consultant: Pauline Sam, MD ·

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Le problème de la pochette du vendredi

Le problème de la pochette du vendredi

Dimanche soir. 20 h 15. Tu ranges la cuisine quand tu remarques une pochette verte sur le plan de travail, à moitié ouverte, avec ce qui ressemble à un mot de l’école, trois fiches d’exercices et une autorisation de sortie qui dépassent de travers.

La pochette est rentrée à la maison avec ta fille vendredi. Ça fait maintenant deux jours qu’elle traîne sur le plan de travail. Demain, c’est lundi. Demain matin, la pochette doit être de retour dans le sac, avec les fiches faites, l’autorisation signée et le cahier de lecture à jour.

Tu as quatre-vingt-dix minutes avant le coucher. La moitié des documents te sont inconnus. Le cahier de lecture est dans l’autre foyer.

C’est le problème de la pochette du vendredi.

Cet article parle du paquet hebdomadaire d’affaires d’école qui rentre le vendredi et repart le lundi. La pochette. Le cahier de liaison. La chemise de correspondance. Quel que soit le nom que l’école de ton enfant lui donne, le problème de fond est le même. L’information doit circuler de l’école vers le foyer puis revenir vers l’école, l’enfant traverse en général deux foyers entre le vendredi après-midi et le lundi matin, et l’une de trois choses tourne mal avant le dimanche soir s’il n’y a pas de système.

La solution tient en trois temps. Le déballage du vendredi. Le partage du week-end. Le remballage du dimanche. Aucun n’est compliqué. Ensemble, ils font la différence entre un dimanche soir chaotique et un lundi matin déjà prêt.

Le déballage du vendredi

Le déballage du vendredi après-midi est le quart d’heure le plus important de la semaine d’école.

Celui qui a l’enfant le vendredi après-midi est celui qui le fait. Que ce soit toi ou ton co-parent, la règle est la même. La pochette sort du sac. Tout ce qu’elle contient est passé en revue, brièvement. Ce qui est à rendre lundi. Ce qui est à signer. Ce qui est à garder pour information (le mot de l’école, le calendrier du trimestre, l’autorisation de photo pour le mois prochain).

Le passage en revue prend quinze minutes pour le parent qui le fait, moins si l’enfant est là pour aider. À la fin, tu sais (ou ton co-parent sait) trois choses. Ce qui est à faire ce week-end. Ce qui est à signer ce week-end. Ce qui peut rester dans la pochette et y rester.

Le contraire du déballage du vendredi, c’est la découverte du dimanche soir. La pochette reste fermée sur le plan de travail jusqu’à 20 h le dimanche. Personne ne regarde dedans. Puis, le dimanche à 20 h, quelqu’un le fait, et la fiche d’exercices, l’autorisation et le cahier de lecture surgissent tous en même temps, et l’enfant se couche dans quarante minutes.

Ça se règle. Vendredi après-midi. Quinze minutes. Celui qui a l’enfant fait le déballage.

Le partage du week-end

La plupart des enfants en co-parentalité ne passent pas tout le week-end dans un seul foyer. Ils sont dans un foyer le vendredi soir, dans l’autre le samedi ou le dimanche, parfois de retour dans le premier le dimanche soir. L’idéal, c’est que la pochette voyage avec eux.

Deux fonctionnements marchent.

Le premier fonctionnement. La pochette reste dans le sac d’école tout le week-end. Quel que soit le foyer où se trouve l’enfant, la pochette est là. Si une fiche est à faire le samedi matin, elle se fait dans le foyer où l’enfant est le samedi matin. Si un mot est à signer et que le parent de ce foyer peut le signer, il le signe. La pochette est mobile. Le travail revient à qui est présent.

Le second fonctionnement. La pochette est partagée le vendredi après-midi, au moment du déballage. Les mots signés et les fiches d’exercices partent avec l’enfant. Les documents pour information (le mot de l’école, le calendrier du trimestre) restent dans le foyer où le déballage a eu lieu. La pochette est plus légère. Ce qui voyage, c’est uniquement ce qui doit bouger.

Le premier fonctionnement est plus simple si la relation entre les foyers est fluide. Le second est meilleur si la pochette elle-même n’arrête pas de se perdre, ou si les deux foyers ont des manières d’organiser très différentes.

Ce que tu ne veux pas, c’est le troisième fonctionnement, c’est-à-dire l’absence de fonctionnement. La pochette reste dans un foyer le vendredi après-midi. L’enfant part dans l’autre foyer le vendredi soir sans elle. Le dimanche après-midi, l’enfant revient dans le premier foyer, où la pochette est restée fermée. Au dimanche soir, la pochette a été avec l’enfant moins de la moitié du week-end. Le travail n’a pas été fait.

La solution, c’est de décider le vendredi après-midi. La pochette voyage, ou la pochette se partage. Choisis l’un des deux. Tiens-le pour le trimestre.

Les mots à signer et la date limite qu’on n’a pas partagée

Une bonne part des problèmes de pochette du vendredi sont des problèmes de signature.

L’école envoie une autorisation. Elle a besoin d’une signature. Elle est à rendre lundi. Le parent du foyer où se trouve la pochette le vendredi après-midi la signe, ou ne la signe pas.

S’il ne la signe pas (parce qu’il n’a pas déballé la pochette, ou parce qu’il veut que ton co-parent signe aussi, ou parce qu’il n’est pas sûr au sujet de la sortie), l’autorisation doit alors trouver la signature de l’autre parent au cours du week-end. Souvent, ça oblige la pochette à voyager, ou le mot à être photographié et envoyé par mail, ou le parent à attendre le lundi matin, sur le trajet de l’école, pour un griffonnage rapide à la grille.

La plupart des mots de l’école peuvent être signés par l’un ou l’autre parent. Si l’école de ton enfant exige les deux signatures (rare pour une autorisation de sortie, plus courant pour quelque chose comme un changement d’établissement), règle ça en amont avec l’école. Si l’école accepte une seule signature, alors l’un ou l’autre parent peut signer. Mets ça au clair dans votre représentation commune. L’un comme l’autre, vous pouvez signer. Le mot n’attend pas la seconde signature, sauf si l’école l’exige.

La signature qui coince les gens, c’est quand un parent estime qu’il ne devrait pas signer sans l’avis de son co-parent. L’école demande l’autorisation que l’enfant fasse quelque chose dont le parent n’est pas sûr. Une sortie scolaire le samedi vers un endroit sur lequel il veut se renseigner. Une autorisation de photo pour des supports promotionnels de l’école. Un consentement vaccinal pour la visite de l’infirmière scolaire.

Dans ces cas-là, le mot est une conversation, pas une signature. Prends une photo. Envoie-la à ton co-parent. Je ne suis pas sûr de celui-ci. Tu en penses quoi ? Attends la réponse. Puis signe ou non, sur la base de la conversation.

Ce qu’il ne faut pas faire, c’est rester dessus sans rien expliquer. Le co-parent qui découvre le mardi que tu n’as pas signé et que tu n’as pas dit pourquoi, c’est le co-parent qui signera la prochaine chose sans te consulter.

Quand la pochette disparaît

Une fois par trimestre, la pochette disparaîtra.

La version classique. La pochette était dans l’autre foyer pendant le week-end. Le dimanche soir, elle était sur le plan de travail. Le lundi matin, elle n’est pas dans le sac. Soit elle a été oubliée, soit elle a été déplacée et personne ne sait où, soit l’enfant est certain qu’elle est dans le sac alors qu’elle n’y est pas.

Trois gestes aident.

D’abord, le lundi matin, si la pochette n’est pas là, écris à ton co-parent tout de suite. N’enquête pas avant. Ne fouille pas le sac trois fois. Écris, c’est tout. J’emmène les enfants. La pochette du vendredi n’est pas dans le sac. Elle est chez toi ? Si oui, parfait, on prévoit la récupération. Si non, la recherche continue.

Ensuite, accepte que l’absence de la pochette un lundi est un petit problème côté école, pas un problème côté famille. On prévient l’enseignant que la pochette manque. La plupart des enseignants ont des exemplaires de rechange de ce qu’elle contenait. L’enfant fait la fiche à partir de l’exemplaire. Le mot signé arrive mardi. Le cahier de lecture est mis à jour après coup avec la signature du parent.

Enfin, si la pochette disparaît plus d’une fois par trimestre, regarde où elle vit pendant le week-end. Est-ce qu’elle passe le week-end sur un plan de travail, où elle se fait déplacer ? Est-ce qu’elle reste dans le sac, où elle ne bouge pas ? La pochette qui vit dans le sac d’école, comme un passeport, disparaît moins souvent que la pochette qui migre vers un plan de travail puis revient.

Pour finir

Dimanche, 20 h 15. La pochette est à moitié ouverte sur le plan de travail. Le déballage du vendredi n’a pas eu lieu. Le partage du week-end n’a pas eu lieu. Le remballage du dimanche est maintenant en train de se faire à toute vitesse.

Ce dimanche-ci va aller. La fiche se fait en vingt minutes. Le mot se signe. Le cahier de lecture est dans l’autre foyer, mais tu écris à ton co-parent et il remplit les deux derniers jours pour toi.

Ce que tu vas construire, au fil des semaines, c’est la mémoire du corps du vendredi après-midi. La pochette sort du sac. Le passage en revue de quinze minutes a lieu. Dès le vendredi à 17 h, tu sais ce dont ce week-end a besoin.

Dans trois semaines, la découverte du dimanche soir devient la revérification du dimanche soir. Encore quelque chose dans la pochette ? Non. Bon, dans le sac. Le problème de la pochette du vendredi cesse d’être un problème.

La pochette est une petite chose. Le système qui l’entoure ne l’est pas.

Ceci est une aide d'entraide, pas un avis médical, psychologique ou juridique, et en aucun cas un substitut à un professionnel qualifié. Si toi ou ton enfant êtes peut-être en danger, contacte les services d'urgence de ta région.