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Module 15 · Discipline, règles et valeurs

Ce que veut vraiment dire la cohérence

By the dip team · Clinical consultant: Pauline Sam, MD ·

Tous les âges7 min de lecture
Ce que veut vraiment dire la cohérence

Ce que veut vraiment dire la cohérence

Module 15 · Discipline, règles et valeurs · Article 12 · Wave 3 · tous les âges · clôture du module


Il existe un conseil parental tellement répandu qu’il en est presque devenu invisible. Les enfants ont besoin de cohérence. Tu l’as entendu de toutes parts, et après une séparation, il peut tomber comme un verdict, parce qu’une cohérence d’un foyer à l’autre semble impossible. Des lieux différents, des règles différentes, deux parents qui font les choses chacun à leur manière. Si les enfants ont besoin de cohérence et que tu ne peux pas l’assurer dans les deux foyers, est-ce que tu leur fais défaut par définition ?

Non. Le conseil est juste, mais on l’a mal lu, et cette lecture erronée cause aux parents séparés beaucoup de culpabilité inutile et beaucoup de tensions inutiles. Cet article de clôture porte sur ce que veut vraiment dire la cohérence, parce que le comprendre correctement dissout l’essentiel de l’inquiétude que le reste du module aborde point par point.

Voici le principe, et il remet tout le reste en perspective. La cohérence dont les enfants ont besoin, c’est la cohérence à l’intérieur de chaque foyer, pas des règles identiques d’un foyer à l’autre. Un enfant a besoin que chacun de ses deux mondes soit prévisible selon ses propres termes. Il n’a pas besoin que les deux mondes soient des copies l’un de l’autre. Une fois que tu vois ça, tout le projet anxieux de faire coïncider l’autre foyer tombe de lui-même.

Le mythe du règlement identique

Beaucoup de parents séparés mettent une énergie énorme à essayer de faire coïncider les deux foyers. Même heure du coucher, mêmes règles d’écran, mêmes conséquences, tout pareil, en partant du principe que c’est ce qu’exige la cohérence et ce dont l’enfant a besoin. C’est épuisant, c’est une source fréquente de tensions, et c’est le plus souvent inutile.

Les enfants n’ont pas besoin que leurs deux foyers soient identiques. La différence entre les deux ne les perturbe pas et ne leur fait pas de mal. Comme ce module l’a dit de mille façons, les enfants passent d’un contexte à l’autre avec une grande habileté, tenant un jeu d’attentes ici et un autre là, comme ils tiennent en même temps les règles de l’école, celles de la maison et celles de chez mamie. Le règlement identique est un mythe, et le poursuivre génère entre les parents des frictions qui font à l’enfant bien plus de mal que deux heures de coucher différentes ne le feront jamais.

En réalité, la quête du « tout pareil » produit souvent la chose même qu’elle cherche à éviter. Deux parents qui s’affrontent pour savoir quelles règles les deux foyers doivent adopter créent une atmosphère de tension qui, elle, déstabilise vraiment l’enfant, au service d’un idéal de règles identiques dont l’enfant n’a jamais eu besoin. Le remède devient pire que le mal imaginé. Laisser les foyers différer, et laisser chacun être lui-même, c’est plus apaisant pour tout le monde, et pour l’enfant le premier.

Ce dont les enfants ont vraiment besoin

Alors si ce ne sont pas des règles identiques, quelle est la cohérence dont les enfants ont vraiment besoin ? Ça tient à quelques éléments, et aucun n’exige quoi que ce soit de l’autre foyer.

Ils ont besoin que chaque foyer soit prévisible selon ses propres termes. Un enfant s’épanouit quand il sait comment son foyer fonctionne, ce qu’on attend de lui, ce qui se passe quand, quels sont les rythmes. Ça, c’est entièrement entre tes mains. Tu peux rendre ton foyer chaleureusement, sûrement prévisible, quoi que fasse l’autre foyer. Chaque parent qui offre un monde stable et lisible pour les heures où l’enfant est avec lui, c’est ça la cohérence qui compte, et elle se livre foyer par foyer, pas d’un foyer à l’autre.

Ils ont besoin que les adultes soient émotionnellement stables. Bien plus que des règles qui coïncident, les enfants ont besoin que les adultes autour d’eux soient des présences stables et fiables, la même personne d’un jour à l’autre, pas chaleureuse à un instant et froide l’instant d’après, pas aimante puis distante. Cette stabilité émotionnelle, la disponibilité fiable d’un parent, c’est la cohérence profonde qui construit la base de sécurité de l’enfant, le sentiment intérieur que le monde tient bon. Elle n’a rien à voir avec le fait que les heures de coucher coïncident.

Ils ont besoin de ne pas être pris dans les tensions. L’incohérence la plus déstabilisante pour un enfant, ce ne sont pas des règles différentes. C’est un champ émotionnel instable entre les adultes, le sentiment que les deux foyers sont en lutte et que l’enfant est le terrain. Un enfant peut vivre deux foyers très différents en toute sécurité si les deux foyers sont sereins face à cette différence. Le même enfant est réellement abîmé par deux foyers identiques dont les parents sont constamment en tension sur la façon de faire appliquer les règles.

Mets tout ça ensemble et le tableau inverse l’inquiétude habituelle. La cohérence qui compte, c’est chaque foyer stable en lui-même, chaque parent émotionnellement fiable, et l’espace entre les foyers libéré des tensions. Rien de tout ça n’exige que les choses coïncident. Et tout ça est au pouvoir de chaque parent de l’offrir.

Relire tout le module à cette lumière

Vu ainsi, chaque article de ce module pointait vers la même chose. Des règles différentes, ce n’est pas un problème, parce que la cohérence vit à l’intérieur de chaque foyer. La dynamique du parent-fête face au parent-règles est tenable, parce que l’enfant a besoin que chaque foyer soit stable, pas que les deux coïncident. Les désaccords sur les écrans, le coucher et la nourriture se résolvent pour l’essentiel en « tiens ton propre foyer », parce que c’est là que se construit la cohérence qui compte. Le piège du dénigrement est le vrai danger, parce qu’il importe la tension dans l’espace entre les foyers, l’incohérence que les enfants, vraiment, ne peuvent pas supporter. Les différences de croyances et de bonnes manières se traversent, parce que l’enfant tient deux mondes, pas un seul monde dupliqué. Même la question plus délicate de l’éducation trop permissive se joue sur le socle de sécurité, la seule chose que les deux foyers doivent vraiment partager, plutôt que sur le fait de tout faire coïncider au-dessus.

Au fond, tout le module te demande d’arrêter d’essayer de contrôler l’autre foyer et de verser cette énergie dans la construction de ton propre foyer, un monde stable, chaleureux et prévisible pour ton enfant. C’est ça la cohérence qui le construit. C’est la cohérence que tu peux réellement offrir. Et elle suffit, même quand l’autre foyer fonctionne tout autrement, parce que ton enfant n’a pas besoin de deux foyers identiques. Il a besoin de deux foyers qui soient chacun, à leur manière, un endroit fiable où être.

La liberté que ça donne

Il y a une vraie liberté à comprendre la cohérence comme il faut, et ça vaut la peine de s’y arrêter au moment où ce module se clôt. Tu n’es pas responsable de l’autre foyer. Tu ne peux pas le contrôler, et tu n’en as pas besoin, parce que la cohérence dont ton enfant a besoin, ce n’est pas que les deux foyers coïncident, c’est que chacun soit stable. Ça soulève un poids énorme. L’énergie que tu aurais pu dépenser à essayer d’aligner l’autre foyer, tu peux la dépenser autrement, à être la version la plus fiable, la plus chaleureuse, la plus prévisible d’un parent dans ton propre foyer.

Ce n’est pas un lot de consolation. C’est le vrai travail, ce qui construit réellement la sécurité de ton enfant. Ton foyer stable fait le vrai travail, quoi que fasse l’autre foyer. Et ton enfant, qui passe entre deux foyers prévisibles chacun selon ses propres termes, avec deux parents qui restent émotionnellement fiables et refusent de le mettre au milieu de leurs tensions, a la cohérence qui compte, même si ses deux mondes ne se ressemblent en rien.

Pour finir

Les enfants ont besoin de cohérence, mais la cohérence veut dire chaque foyer prévisible selon ses propres termes, pas les deux foyers rendus identiques. La cohérence profonde dont un enfant a besoin, c’est chaque foyer stable, chaque parent émotionnellement fiable, et l’espace entre les foyers libéré des tensions, et chaque morceau de ça est en ton pouvoir de l’offrir, quoi que fasse l’autre foyer. Le mythe du règlement identique fait plus de mal, par les tensions qu’il génère, que n’en fera jamais une différence d’heures de coucher.

Fais de ton foyer un monde stable, chaleureux et prévisible. C’est la cohérence dont ton enfant a besoin, c’est la cohérence que tu peux réellement donner, et elle suffit.

Ton enfant n’a pas besoin de deux foyers identiques. Il a besoin de deux foyers qui soient chacun, selon leurs propres termes, un endroit fiable où atterrir.

Ceci est une aide d'entraide, pas un avis médical, psychologique ou juridique, et en aucun cas un substitut à un professionnel qualifié. Si toi ou ton enfant êtes peut-être en danger, contacte les services d'urgence de ta région.