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Module 15 · Discipline, règles et valeurs

Politesse, respect et attentes de la famille

By the dip team · Clinical consultant: Pauline Sam, MD ·

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Politesse, respect et attentes de la famille

Politesse, respect et attentes de la famille

Chez toi, il y a des attentes. Dire bonjour comme il faut. Dire s’il te plaît et merci. Ne pas couper la parole aux adultes. Aider à débarrasser la table. S’adresser aux membres de la famille d’une certaine manière. Et puis ton enfant revient de chez ton co-parent où, autant que tu puisses en juger, la moitié de tout ça s’est discrètement évaporée, et tu te surprends à te demander si tes repères ne se défont pas une semaine sur deux.

La politesse et les attentes de la famille occupent une place intéressante parmi les différences entre deux foyers. Elles semblent minuscules, débarrasser la table, dire bonjour, le s’il te plaît et le merci, mais elles portent souvent un poids considérable d’identité familiale et, dans bien des familles, d’attentes culturelles et générationnelles. Un enfant décontracté là où tu es plus formel peut donner l’impression d’un enfant qui se relâche, ou de l’autre foyer qui ne se donne pas la peine, ou de ta propre éducation qu’on ne respecte pas.

Le principe. La politesse est l’expression particulière, dans un foyer, d’une valeur sous-jacente, le plus souvent le respect et l’égard pour les autres. Les enfants passent d’un code social à l’autre, d’un contexte à l’autre, avec beaucoup d’habileté. C’est la valeur qui voyage. L’expression précise peut différer d’un foyer à l’autre sans nuire à l’enfant ni éroder la valeur qui se trouve en dessous.

L’enfant change déjà de code en permanence

Voici la partie rassurante, et elle s’appuie sur la façon dont les enfants se développent réellement. Les enfants sont remarquablement doués pour lire les attentes sociales d’un contexte et s’y ajuster. Ils se comportent d’une façon à l’école, d’une autre chez un copain, d’une autre encore chez leurs grands-parents, et d’une autre à la maison. Ils parlent plus poliment à un enseignant qu’à un frère ou une sœur. Ils savent que la cour de récré n’a pas les mêmes règles que la table du dîner. Ce réglage social selon le contexte fait partie d’un développement normal et sain.

Deux foyers avec des règles de politesse différentes, c’est simplement une version de plus de quelque chose que ton enfant fait déjà toute la journée. Il apprend que ce foyer-ci attend qu’on débarrasse la table et que celui-là n’en fait pas un sujet. Il apprend qu’ici on dit bonjour d’une certaine manière et que là c’est plus décontracté. Ce n’est pas de la confusion. C’est la même intelligence sociale qui lui permet de naviguer entre l’école, la cour de récré et la maison d’un copain, appliquée à ses deux foyers.

Alors la décontraction que tu remarques au retour de l’autre foyer n’est souvent pas tes repères qui se défont. C’est un enfant qui a lu que l’autre foyer fonctionne de façon plus souple et s’y est ajusté, et qui relira les attentes de ton foyer et se réajustera, en général dans la journée qui suit son retour. Le relâchement que tu redoutes n’est la plupart du temps que le temps de réacclimatation d’un enfant qui change de contexte.

Tenir les attentes de ton foyer sans surveiller celles de l’autre

Le mouvement est celui, familier, de tout ce module. Tiens tes attentes dans ton foyer, clairement et chaleureusement, et n’essaie pas de les faire appliquer dans l’autre.

Chez toi, les attentes tiennent. Ici, on débarrasse son assiette. Ici, on dit bonjour aux gens quand ils arrivent. Ce sont les repères du quotidien de ton foyer, les petites normes qui expriment comment ta maison fonctionne, et tu es en droit de les tenir pleinement. Un enfant qui revient d’un foyer plus souple aura peut-être besoin d’un rappel ou deux pour rebasculer. C’est normal. Un rappel calme, pas un sermon sur la façon dont les repères se sont relâchés ailleurs, suffit à remettre les choses en place.

Ce qui ne marche pas, c’est d’essayer de faire régner tes règles de politesse dans l’autre foyer, ou de traiter chaque habitude décontractée que l’enfant ramène comme la preuve d’un échec de ton co-parent. L’autre foyer a droit à son propre niveau de formalité, exactement comme le tien. Un co-parent qui tient une maison plus détendue n’abîme pas ton enfant et ne te manque pas de respect. Il tient son foyer à sa façon, ce qui lui revient.

Et c’est essentiel, ne fais pas de l’enfant le porteur de la comparaison. Chez ta mère, on te laisse faire ça, c’est ça ? apprend à l’enfant que les deux foyers se livrent une compétition de repères et qu’il en est la preuve. Tiens tes attentes simplement comme la façon de faire de ton foyer, pas comme une correction de l’échec de l’autre.

Quand la différence porte sur la forme, pas sur le respect

Cela aide de séparer deux choses qui se ressemblent. La forme, c’est l’ensemble précis des usages, l’élaboration des salutations, le degré de formalité avec lequel on s’adresse à la famille, la rigueur de la table. Le respect, c’est la valeur sous-jacente, traiter les gens avec égard et attention.

Des foyers peuvent énormément différer sur la forme tout en partageant pleinement la valeur du respect. Un foyer détendu, où l’enfant appelle les adultes par leur prénom et où la table est décontractée, peut très bien élever un enfant profondément respectueux et attentif aux autres. Un foyer formel, aux salutations élaborées, le peut aussi. La forme, c’est l’expression ; le respect, c’est la substance. Un enfant peut apprendre à être formel dans un foyer et décontracté dans l’autre tout en absorbant, des deux, que les gens comptent et qu’on les traite avec attention.

Cette distinction compte parce qu’elle te dit ce dont il faut réellement se soucier. Une différence de forme entre les foyers ne pose pas de problème et ton enfant la gère. Ce qui t’inquiéterait à juste titre, c’est une différence dans le respect lui-même, un foyer où l’enfant apprendrait que la cruauté est acceptable, que les gens ne comptent pas, que le mépris est normal. Ça, ce n’est pas une différence de politesse. C’est une question de socle de valeurs, et c’est rare, et c’est traité ailleurs dans ce module. La plupart de ce que tu vois est une différence de forme, qui est sans danger, que ton inquiétude habille en quelque chose de plus profond.

Là où la famille et la culture élèvent l’enjeu

Dans bien des familles, la politesse et les attentes ne relèvent pas seulement de la préférence personnelle, elles portent un vrai poids culturel et générationnel. La façon dont un enfant salue un aîné, dont il témoigne du respect à sa famille, ce qui est dû aux grands-parents et à la parenté élargie, peut tenir d’une identité familiale et culturelle profonde, et pas seulement d’une habitude de maison. Quand les deux foyers viennent de milieux culturels différents, ou quand un parent tient fort à ces attentes et l’autre non, la différence de politesse peut sembler bien plus grande.

L’orientation de fond tient toujours. L’enfant peut apprendre les attentes d’un foyer et celles de l’autre, et passer de l’une à l’autre, comme le font les enfants de toute famille où deux cultures se mêlent. Là où ces attentes sont au cœur de l’identité de ta famille, tu les tiens pleinement dans ton foyer et tu les transmets là à ton enfant, sans avoir besoin que l’autre foyer les fasse appliquer. La texture culturelle précise de ces attentes, et la façon dont les usages d’une tradition donnée se tiennent à travers deux foyers, c’est exactement le genre de question que la Lens Library approfondit. Le point de fond, ici, c’est simplement que même des attentes familiales à fort enjeu peuvent vivre dans un foyer et être honorées par l’enfant sans que l’autre foyer soit tenu de s’y conformer.

Pour finir

La politesse et les attentes de la famille qui diffèrent d’un foyer à l’autre, c’est une chose de plus dont les enfants changent le code avec aisance, comme ils naviguent entre l’école, la cour de récré et la maison des grands-parents. Tiens les attentes de ton foyer clairement et chaleureusement, ne surveille pas celles de l’autre, et ne fais pas de ton enfant le porteur d’une compétition de repères. Sépare la forme, qui peut varier librement, du respect, la valeur en dessous, qui est en général partagée, même entre des foyers très différents.

Les salutations et les habitudes de table sont la façon particulière de ton foyer. Le respect en dessous, c’est ce qui compte, et ton enfant peut le porter depuis ton foyer, quelle que soit la façon dont fonctionne l’autre.

La politesse est l’accent d’un foyer. Le respect en dessous est la langue, et ton enfant peut l’apprendre de toi, quelle que soit la façon dont parle l’autre foyer.

Ceci est une aide d'entraide, pas un avis médical, psychologique ou juridique, et en aucun cas un substitut à un professionnel qualifié. Si toi ou ton enfant êtes peut-être en danger, contacte les services d'urgence de ta région.