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Module 16 · special needs disability and neurodivergence

Les aménagements scolaires et les plans d’accompagnement

By the dip team · Clinical consultant: Pauline Sam, MD ·

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Les aménagements scolaires et les plans d’accompagnement

Les aménagements scolaires et les plans d’accompagnement

Un enfant qui a des besoins particuliers a en général, ou devrait avoir, une forme de dispositif d’accompagnement à l’école, un plan qui pose les aménagements et l’aide dont il bénéficie. En France, selon la situation, cela peut prendre la forme d’un PAP, d’un PAI, d’un PPRE ou d’un PPS suivi par un enseignant référent. Le détail de ces dispositifs, l’école peut te l’expliquer. Ce qui est commun à tous, c’est qu’ils supposent des réunions, des décisions et une coordination continue entre la famille et l’école, et dans une organisation à deux foyers, cela veut dire que l’école travaille avec deux parents, pas un seul.

Ce texte porte sur la façon de naviguer dans les plans d’accompagnement scolaire en tant que parents séparés : faire entrer les deux parents dans le processus, présenter à l’école un front qui tienne, et gérer la situation où les deux parents ne sont pas d’accord. Les mécanismes propres au dispositif dont relève ton enfant, l’école peut les détailler ; ici, on parle de la dimension co-parentale qui se pose par-dessus, quel que soit le dispositif.

Les deux parents dans le processus

Le premier principe, c’est que les deux parents devraient être dans le processus d’accompagnement scolaire, pas un seul. Cela compte pour plusieurs raisons. L’école profite des informations des deux foyers, puisque l’enfant est observé et soutenu dans deux cadres, et que chaque parent voit des choses que l’autre et l’école pourraient manquer. L’enfant profite du fait que ses deux parents comprennent le plan et s’y engagent, puisque le plan suppose souvent des choses que les deux foyers ont à soutenir. Et les deux parents ont un intérêt légitime, et le plus souvent un droit reconnu, à être associés aux décisions sur l’instruction et l’accompagnement de leur enfant.

En pratique, cela veut dire que les deux parents sont invités aux réunions du plan d’accompagnement et y assistent autant que possible, que tous deux reçoivent les documents et les comptes rendus, et que tous deux prennent part aux décisions. Un processus où un parent est pleinement associé et l’autre exclu ou absent produit un plan qu’un seul foyer comprend et soutient, ce qui l’affaiblit, et il peut laisser le parent écarté avec le sentiment d’être tenu à l’écart de quelque chose d’important pour son enfant.

Faire entrer les deux parents dans le processus demande parfois un effort délibéré, surtout si l’école a pour habitude de communiquer avec un seul parent. Il vaut la peine de s’assurer que l’école dispose des coordonnées des deux parents et sait qu’il faut inclure les deux. La plupart des écoles s’y prêtent quand on le demande, et c’est une demande raisonnable. L’article du module scolaire sur la relation avec l’enseignant couvre plus largement la construction du lien avec l’école.

Présenter à l’école un front qui tienne

Quand les deux parents sont dans le processus, une question surgit, qui ne se pose pas pour les parents ensemble : comment vous deux apparaissez-vous à l’école ? Et là, le but directeur, c’est de présenter un front qui tienne, centré sur l’enfant, en gardant les tensions qui existent entre vous hors des réunions de l’école et hors du plan d’accompagnement.

Cela ne veut pas dire jouer le couple heureux ni cacher que vous êtes séparés ; les écoles travaillent en permanence avec des familles séparées et n’ont pas besoin d’une mise en scène. Cela veut dire que, dans les réunions du plan et la relation avec l’école, le centre reste l’enfant et ses besoins, et que les tensions entre les parents ne détournent pas le processus. Une réunion qui devient une scène où les parents se disputent, marquent des points ou se discréditent, c’est une réunion qui dessert l’enfant, parce que l’énergie qui devrait aller à concevoir un bon accompagnement va plutôt à gérer le désaccord des parents. Le personnel de l’école, là pour l’enfant, finit par arbitrer deux adultes au lieu d’aider un élève.

La discipline, c’est donc de venir au processus scolaire comme deux parents qui, quoi qu’il en soit par ailleurs entre vous, sont alignés sur l’envie du meilleur accompagnement pour leur enfant. Vous pouvez ne pas être d’accord sur des points précis et les travailler, mais le désaccord reste pragmatique et centré sur l’enfant, pas personnel et combatif. Une école qui voit deux parents travailler ensemble à l’accompagnement de leur enfant, même deux parents nettement séparés, peut faire son travail. Une école prise au milieu de tensions parentales y arrive difficilement.

Quand c’est possible, un peu de coordination en amont d’une réunion aide : les deux parents qui se mettent d’accord avant sur les points clés, pour que la réunion elle-même soit plus fluide et que les désaccords éventuels soient au moins connus d’avance plutôt qu’ils n’éclatent devant l’école. Ce n’est pas toujours faisable, mais quand ça l’est, ça rend les réunions bien plus productives.

Quand les parents ne sont pas d’accord devant l’école

Parfois, les parents sont vraiment en désaccord sur l’accompagnement de l’enfant, et ce désaccord risque de se jouer dans le cadre scolaire. Un parent veut plus d’accompagnement, l’autre le juge inutile. L’un accepte le plan, l’autre y résiste. Le désaccord est réel et n’a pas d’endroit évident où aller, sinon la réunion où le plan se décide.

Quelques points aident ici. D’abord, le désaccord se règle mieux entre les parents, avec une aide professionnelle si besoin, qu’à l’école, parce que le cadre scolaire n’est pas le lieu pour résoudre un désaccord parental et que le plan de l’enfant ne devrait pas en être la victime. Quand les parents sont dans l’impasse, la médiation familiale et, pour les décisions liées à l’instruction, une compréhension claire du cadre dans lequel vous prenez vos décisions, sont plus adaptées que de transformer la réunion d’accompagnement en bras de fer.

Ensuite, le personnel de l’école, ce sont des professionnels qui peuvent souvent aider, en douceur, en gardant la réunion centrée sur les besoins réels de l’enfant et sur ce que les observations suggèrent, plutôt que sur les positions des parents. Un enseignant ou un coordinateur attentif aux besoins particuliers peut parfois désamorcer un désaccord parental en ramenant tout à l’enfant. Le laisser jouer ce rôle, plutôt que de l’instrumentaliser dans le désaccord, peut être productif.

Enfin, là où un parent n’accepte tout simplement pas le diagnostic de l’enfant ni son besoin d’accompagnement, c’est la situation plus profonde que traite l’article dédié au moment où l’un des parents n’accepte pas le diagnostic, et il faut en général la régler à ce niveau avant que les désaccords sur le plan scolaire puissent s’apaiser. Le désaccord scolaire est souvent le symptôme du plus grand.

Tout du long, l’enfant ne devrait pas être pris dans le désaccord de ses parents sur son accompagnement scolaire, ni avoir à le porter. Un enfant qui sent que son plan d’accompagnement est une source de tensions entre ses parents peut en venir à sentir que ses besoins sont un problème, ce qui est un dommage en soi. Garder le désaccord dans la sphère des adultes et des professionnels protège l’enfant d’avoir à le porter.

Pour finir

Un enfant qui a des besoins particuliers a en général un dispositif d’accompagnement scolaire, et dans une famille à deux foyers, cela veut dire que l’école travaille avec les deux parents. Les deux parents devraient être dans le processus, présents aux réunions, destinataires des documents, parties aux décisions, parce que l’école profite des informations des deux foyers et que l’enfant profite du fait que ses deux parents comprennent et soutiennent le plan. Le but, c’est de présenter un front qui tienne, centré sur l’enfant, en gardant les tensions des parents hors des réunions de l’école, idéalement avec un peu de coordination avant les réunions importantes. Et quand les parents sont vraiment en désaccord, la résolution appartient aux adultes et aux professionnels, elle ne se règle pas devant l’école ni sur le dos de l’enfant.

L’accompagnement scolaire de ton enfant est le plus solide quand l’école voit deux parents alignés sur l’envie de l’aider, quoi qu’il en soit par ailleurs entre vous. Fais entrer les deux foyers dans le processus, garde le centre sur l’enfant, et laisse le plan porter sur ses besoins plutôt que sur votre désaccord.

L’école peut bâtir un bon accompagnement autour d’un enfant dont les deux parents arrivent alignés sur l’envie de l’aider. Garde le centre sur les besoins de ton enfant, et le plan sert l’enfant au lieu de servir les tensions.

Ceci est une aide d'entraide, pas un avis médical, psychologique ou juridique, et en aucun cas un substitut à un professionnel qualifié. Si toi ou ton enfant êtes peut-être en danger, contacte les services d'urgence de ta région.